Consultation à 25 euros : un surcoût sans bénéfice pour les patients

Publié le jeudi 27 avril 2017

Le Syndicat de la Médecine Générale (SMG) ne partage pas la liesse syndicale et corporatiste concernant l’augmentation du montant de la consultation du généraliste à 25 euros. Sans résoudre les problèmes des soins primaires, le surcoût pèsera sur la collectivité et les patients.

La convention médicale signée entre l’Assurance maladie et les syndicats de médecins dits « représentatifs » prévoit l’augmentation de la consultation chez le médecin généraliste à 25 euros ce 1er mai 2017. Les conséquences économiques de cette décision ne sont pas négligeables : augmentation des dépenses de l’Assurance maladie entre 569 et 737 millions par an et augmentation du ticket modérateur, restant à charge du patient ou de sa complémentaire dont on prévoit une augmentation des tarifs.

Ainsi, c’est bien le patient qui paie, sans amélioration de la qualité des soins, la course-poursuite inflationniste des généralistes pour rattraper les tarifs des spécialistes d’organe, sans illusion d’y arriver et sans suppression des dépassements d’honoraires que ceux-ci continueront de pratiquer largement.

Des mesures aux services des patients et favorables aux généralistes, que le SMG défend depuis des années, auraient pu être choisies : suppression du secteur 2, des dépassements d’honoraires et des franchises dites « médicales », diversification des modes de rémunérations autre que le paiement à la performance (capitation, forfaits, salariat). Malheureusement, c’est le renforcement du paiement à l’acte et du paiement à la performance, alias ROSP qui a été choisi.

Avec un revenu de 6 835 euros net par mois en moyenne [1], les médecins généralistes, même moins rémunérés que les autres spécialistes, restent des privilégiés économiques, avec un revenu très supérieur au revenu médian en France qui, rappelons-le, avoisine les 1800 euros net [2], et sans commune mesure avec les revenus des infirmier.e.s, aides-soignant.e.s ou auxiliaires de vie [3] par exemple.

Le SMG affirme qu’il y a urgence à l’organisation d’un débat démocratique sur le mode et le montant de la rémunération de tous les soignant.e.s et plus largement sur l’organisation de la solidarité dans le domaine de la santé.

1. http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/02/12/combien-gagnent-les-medecins-en-france_4575552_3224.html
2. http://www.inegalites.fr/spip.php?article1432
3. http://www.fakirpresse.info/aide-a-domicile-abus-de-vieillesse-1-3


Contacts
Martine Lalande : 06 03 36 66 17
Guillaume Getz : 06 22 61 35 12

Documents joints

Lire aussi

Face à la régression libérale, le 16 novembre défendons un autre monde !

14 novembre 2017
Le Syndicat de la Médecine Générale appelle ses adhérent.e.s à rejoindre dans la rue le front social contre les ordonnances Macron et ses dommages considérables pour la vie et la santé des salarié·e·s. …

60 euros pour un cancer ? Nouveaux tarifs médicaux, même logique insensée et inadaptée

10 novembre 2017
Des tarifs majorés de consultations dites « complexes » en médecine générale sont applicables depuis le 1er novembre 2017. Le Syndicat de la Médecine Générale (SMG) dénonce le paiement à l’acte réducteur …

OBLIGATION VACCINALE, la ministre tente de nous hypnotiser tout en se fourrant le doigt dans l’œil : à qui profite « le crime » ?

15 septembre 2017
Madame Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a annoncé le 31 août 2017 l’extension de l’obligation vaccinale de 3 à 11 vaccins, des enfants de moins de 2 ans, à partir du 1er janvier 20181. La ministre a …

Ordonnances « Macron » : une politique barbare - NON à l’ubérisation du Code du travail

4 septembre 2017
Le SMG appelle ses adhérents et l’ensemble des citoyen.ne.s à se mobiliser le mardi 12 septembre 2017, contre la nouvelle réforme du Code du travail. La méthode est sournoise et brutale par des …